Art africain - statue

Des actions concrètes pour sauver les objets d’art africains.

Sollicité par le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) en vue d’établir des actions
en justice contre les grandes maisons de vente aux enchères dont Christie’s et Sotheby’s – qui proposaient à la vente des objets d’arts antiques d’origine africaine dans un cadre privé – le cabinet T-Lex, représenté par
maître Guillaume Tefengang, ainsi que d’autres compères comme maître Brice Nzamba et maître Isa
Gultaslar
sont intervenus lors d’une action devant le tribunal de grande instance de Paris. Cette action avait pour but d’obtenir que le tribunal ordonne par voie de référé la suspension de la vente.

Le 27 juin 2020, à l’issue des plaidoiries et d’un commun accord, il a été obtenu que lorsque ces grandes maisons de ventes
aux enchères ont en leur possession des objets d’art d’origine africaine issues du patrimoine spolié durant la colonisation, qu’elles puissent alerter la partie demanderesse pour retracer l’origine de ces biens avant qu’ils soient mis en vente publique.

Le cabinet T-Lex travaille sur la manière de réglementer la vente entre privés de biens culturels spoliés
durant la colonisation. Un symposium organisé par maitre Brice Nzamba, avocat à Paris, devrait se tenir
prochainement à l’assemblée nationale pour poser les jalons d’un cadre juridique sur la transmission
d’œuvres d’art d’origine africaine spoliées durant la colonisation dans la sphère privé. Il s’agit de les
scruter, les rattraper et les redonner à leur propriétaire originel.

Le contexte en Afrique 

Que ce soit sur terre ou englouti, le patrimoine culturel africain est en danger. Cependant, le commerce
illicite des œuvres d’art traditionnel dits « arts premiers » a été peu documenté et les données disponibles
sont peu exploitables. Le trafic est particulièrement actif dans les zones de conflits peu sécurisées.
Phénomène en plein essor, le trafic de biens culturels est principalement dû à la spéculation intense qui
sévit dans les pays où se trouvent les principaux marchés de l’art mondial. Les pays africains sont démunis
face à la perte souvent irréparable de leur patrimoine culturel et les conventions internationales se montrent
inefficaces.

« L’art est un pas de la nature vers l’Infini. »

Khalil Gilbran
Art africain - statue

En premier maillon de la chaine, les travailleurs qui volent des articles à leurs propriétaires. La plupart des
villages, lieux de culte, musées, sites archéologiques ne sont pas bien protégés. En situation de pauvreté, les
voleurs n’ont souvent pas connaissance de la valeur de ces œuvres qu’ils revendent pour une poignée
d’argent. Ensuite, viennent les intermédiaires qui jouent le rôle de liaison entre les œuvres et leurs derniers
propriétaires. Ce sont souvent des personnalités au-dessus de tout soupçon comme des diplomates ou

statue africaine

personnes venant de familles importantes profitant de leur statut pour expédier les œuvres vers les marchés
européens et américains. Enfin, au dernier échelon se trouvent les revendeurs (antiquaires, galeries,
maisons de ventes aux enchères) et les acheteurs (institutions, musées, riches collectionneurs privés, etc.).
Comme il est difficile de retracer l’itinéraire de ces objets volés, les conventions internationales sont
rarement utiles.

Même chez Interpol, il est difficile d’obtenir des chiffres et statistiques fiables concernant les objets d’arts
africain volés. Cette situation peut s’expliquer par l’apathie des administrations, le manque de moyens et de
volonté politique ainsi qu’un désintérêt pour le capital culturel africain. Le trafic mondial d’œuvres d’art est
estimé à 4 milliards de dollars par an, l’Afrique représentant 10% de cette somme. A part quelques pays
comme le Bénin, les mesures prises par les pays africains sont faibles. Dans la plupart de ces pays, les
priorités sont à la lutte contre la pauvreté et les objets d’art sont relégués au dernier rang.

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